Je plains de quitter Cadix

Le titre de mon livre "Je plains de quitter Cadix..." n'est pas traduit de l'espagnol. Il est extrait d'une lettre écrite à Cadix en 1771 par un jeune émigrant d'Albussac, Joseph Fialip (voir livre p 163).
 
Pendant mes longues recherches (plus de vingt ans !) j'ai eu en main de très nombreuses lettres envoyées de Cadix par des migrants. Or ces paysans limousins ne savaient ni lire ni écrire et ne parlaient pas le français.
Leur langue maternelle, l'occitan - très utile en Espagne - était devenue purement orale et ne s'écrivait plus (obligation de la langue française depuis l'ordonnance de Villers-Cotterêts en 1539). 
 
Les lettres étaient donc écrites en français par des écrivains publics. En Limousin c'était la plupart du temps les prêtres qui traduisaient et répondaient. 
 
Ce qui fait la particularité - et le grand intérêt - des lettres de Joseph Fialip c'est qu'il écrivait lui-même ses lettres à son oncle (émigrant de la génération précédente). 
Ces lettres sont très émouvantes. Joseph écrit mal, sans ponctuation, dans un français phonétique, traduction mot à mot de l'occitan. 
 
Joseph aime beaucoup sa vie à Cadix et n'est pas pressé de rentrer à Albussac pour épouser "la Marianne", promise choisie par ses parents. Il écrit à son oncle "je ne veu pas laisser la bondance pour aller dans la disette" et termine sa dernière lettre par cette phrase :"je plains de quitter Cadix que se net pas une ville mais une gloire terrestre".
 
 
Evidemment, ce n'est pas du bon français, c'est de l'occitan limousin traduit. En Corrèze, on entend encore "je plains" pour "je regrette". Exemple : "J'ai perdu cette écharpe qui me venait de ma mère, je la plains beaucoup". On peut même dire que cette expression implique un sentiment plus fort que le regret, une nostalgie pour une chose définitivement perdue.
 
Il se trouve qu'en espagnol le verbe "lamentar" donne bien ce ressenti. Voilà le titre du livre a été traduit en castillan : Lamento dejar Cadiz...
 
Cette belle langue occitane se meurt. Pour ma part je la comprends un peu mais je ne la parle pas. 
 
J'ai été très contente lorsque mon éditrice, Marie-France Houdart, a accepté ce titre inhabituel. Il intrigue beaucoup mais plait beaucoup aussi. De nombreux corréziens m'ont remerciée d'avoir en quelque sorte validé leur façon de parler. Ils ont souvent été humiliés par les corrections des professeurs en marge de leurs copies : mal dit, ce n'est pas du français... lorsqu'ils transcrivaient des expressions qu'ils entendaient en fait tous les jours.
 
Mon grand ami - hélas disparu - Claude Duneton, spécialiste des langues française et occitane, à qui ce livre est dédié, avait adoré le style naïvement poétique de Joseph Fialip.
 
Ce titre est donc un hommage à Claude, à Joseph, à tous ceux qui connaissent encore ces vieilles expressions ; de plus il décrit très bien le sentiment que j'éprouve chaque fois que je quitte l'Andalousie.
Chaque fois, moi aussi, je plains de quitter Cadix....

Samedi 29 avril 2017 à 14h : « Migrations corréziennes en Espagne » par Chantal Sobieniak, conférence organisée par la Société de "La Haute-Auvergne" 12 rue Arsène Vermenouze à AURILLAC

Pour toute question concernant mes recherches, vous pouvez m'envoyer un mail : chsobieniak@yahoo.fr

J'adresse à toute personne qui m'en fait la demande la liste d'émigrants complète et mise à jour (fichier Excel) à la seule condition de ne pas en faire un usage commercial.

13 octobre 2016 : visite des archives de Cadix avec les Amis de Beynat. Excellent moment de convivialité franco-espagnole !
A très bientôt à Cadix sur les traces de nos ancêtres avec les Amis de Beynat.
11. août, 2016
Bugeat
2. juil., 2016
Fête du livre de Treignac
21. mai, 2016
Conférence
A 17h à Gagnac (Lot), conférence : L'émigration des corréziens à Cadix aux XVII° et XVIII° siècles

 Nouveau : page

sources d'archives et bibliographie

Nuevo : pagina en castellano

Place San Juan de Dios, Cadix
Les éditions Maïade à la Foire du Livre de Brive 2013 : Marie-France Houdart, Régine Rossi Lagorce et Arlette Chauffour

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BESSE | Réponse 15.08.2016 18.40

Merci pour vos fabuleuses recherches !

Ou peut-on se procurer ce livre ?

Remerciements.

G. BESSE

guybesse@orange.fr

Chantal Sobieniak 15.08.2016 18.58

Je vous remercie. On peut trouver ou commander le livre en librairie ou auprès des éditions Maiade :

http://maiadeeditions.free.fr/

Jean Marc Nicita | Réponse 29.01.2014 15.26

Bonjour, les Archives départementales de la Corrèze vous signalent l'ouverture de leur page Facebook, nous avons pris la liberté de parler de vous. Cordialement

Anne Marie Joncoux | Réponse 26.09.2013 16.30

Votre livre est passionnant, que de recherches! Un régal avec des corréziens qui n'ont peur de rien!

martine verneret | Réponse 05.08.2013 13.59

je pars à la recherche de votre livre ! le sujet est passionnant en soi et m’intéresse personnellement : issue des familles charageat/ monteil !

De Fuentes | Réponse 02.08.2013 01.11

De Fuentes, Cuba

Nicole Escaravage | Réponse 29.05.2013 23.59

MERCI d'avoir écrit cette histoire que j'attendais avec impatience sans plus y croire sachant que vous saviez tant ! je vais vite la lire si j'arrive à l'avoir

Françoise NAL | Réponse 21.04.2013 00.43

Bravo Chantal ! J'ai hate de lire cet ouvrage ! Amitiés

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Commentaires

28.04 | 07:25

Le titre n'est pas une traduction de l'espagnol.Il est extrait d'une lettre écrite à Cadix en 1771 par un jeune émigrant d'Albussac, Joseph Fialip.

...
28.04 | 00:49

Bonjour, Je ne comprends pas la traduction de "Lamento" par "je plains" dans ce contexte... Pour ma part , j'aurais traduit par : "Je regrette de quitter Cadix"

...
22.10 | 11:58

Bonjour,

Il s'agit d'un homonyme. Je vous réponds plus précisément par mail.
Merci

...
22.10 | 10:29

Etienne CHAMP né en 27/05/1777 à Sérilhac (Cadix 1797) et marie à Marie Jeanne SELARIE et DCD 1851. Avez vous d'autres renseignements sur lui ? Merci d'avance.

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